André Senécal

André Senécal a été traducteur expert en mécanique aviation (Bureau de la traduction), formateur de traducteurs professionnels (Bureau de la traduction, OTTIAQ), gestionnaire d’un service de traduction, journaliste pigiste au journal Le Devoir, chroniqueur à la revue Vélomag, et il a rédigé plusieurs articles sur la langue, la traduction et la terminologie (Actualité terminologique, Circuit). Il a publié deux ouvrages chez Linguatech éditeur : Entre Nous (en collaboration) (1987) et Traduire pour l’aviation civile et militaire – Guide pratique et lexique anglais français (2012).

 

Résumé de la communication

Étude sur l’acceptation ou le rejet de quelques néologismes au Québec

Les néologismes servent à rendre compte de nouvelles réalités, que ce soit dans la langue commune (néologie sociale) ou dans la langue de spécialité (néologie technologique ou néonymie).

L’étude porte sur les néologismes sociaux au Québec, qui sont dans bien des cas le fruit d’une traduction ou d’une adaptation. Elle vise à déterminer pourquoi certains d’entre eux s’intègrent facilement à l’usage, alors que d’autres disparaissent, souvent peu de temps après avoir été créés.

L’application des critères de validité du néologisme permet de répondre en partie à ces questions. Ces critères sont : la brièveté, la maniabilité, la motivation, l’adéquation, la possibilité de dérivation et l’acceptabilité. Des considérations sur la néologie, sa définition et ses acteurs précèdent la présentation de ces critères.

Quelques néologismes répartis entre ceux qui ont survécu (courriel, motomarine, friperie) et ceux qui ont été abandonnés (callipyge, tonitruand, hambourgeois) sont étudiés en fonction de ces critères. Ces néologismes ont été choisis parce que la société québécoise a rendu un verdict à leur sujet, ce qui n’est pas le cas de néologismes récents dont l’usage demeure flottant avant leur acceptation ou leur rejet.

L’étude donne lieu à un certain nombre d’observations susceptibles d’expliquer la réussite ou l’échec de ces néologismes auprès des Québécois. Aux critères de validité s’ajoute l’influence d’autres facteurs intimement liés entre eux, comme la réception, l’habitus et le contexte sociolinguistique.

En effet, le contexte sociolinguistique dans lequel vivent les Québécois s’apparente au « village gaulois » francophone entouré de « légions romaines » anglophones. Les influences linguistiques, sociologiques et culturelles qu’exerce la majorité anglophone de l’Amérique sur les Québécois sont inévitables.

L’habitus, reflet de l’expérience sociale de ces derniers, n’échappe pas à ces influences, au point qu’une empathie caractérise la réception de certains néologismes de langue anglaise, ce qui témoigne de la part d’américanité des Québécois.

L’étude montre que les critères de validité susmentionnés permettent de prédire, sauf exception, l’acceptation ou le rejet de néologismes introduits dans la société québécoise. Tous ceux qui créent des néologismes seraient donc bien avisés d’évaluer les chances de succès de leurs créations à la lumière de ces critères.

Enfin, il serait intéressant que d’autres recherches vérifient si ces critères de validité demeurent pertinents ailleurs dans la Francophonie.   

 

×