Audrey Tremblay

Audrey Tremblay prépare une maîtrise à l’Université d’Ottawa et s’intéresse au journalisme littéraire. Dans son projet de recherche intitulé Les hésitations du grand reportage : analyse croisée de « récits de Russie » du début à la fin du XXe siècle, elle entreprend de répondre à la question suivante : Dans quelle mesure la relation entre l’engagement référentiel des auteurs et la poétique de leur récit a-t-elle évolué entre les années trente et la fin du XXe siècle?

 

Résumé de la communication

La littérarité comme facteur de pertinence en communication publique : le cas de la figurabilité


L’écriture d’information ou de communication s’oppose traditionnellement à l’écriture littéraire au nom de l’efficacité discursive.

Cependant, cette littérarité, que l’on réduit souvent à une préoccupation esthétisante, pourrait en réalité constituer un élément de la pertinence des messages et donc de leur efficacité. Nous nous proposons d’étudier cette hypothèse en nous fondant sur l’exemple de textes journalistiques publiés à la fin de la Belle Époque, alors qu’apparaissaient de nouvelles cohabitations entre plusieurs formes d’écritures narratives.

De La Russie des Soviets d’Albert Londres à une « littérature de vulgarisation » (Dard et Grunewald [éd. de comp.], Gros, 2010) pratiquée par Jacques Bainville dans Quatre mois en Russie, une nouvelle conception du journalisme se dégage désormais du mouvement de transformation provoqué notamment par les nouvelles attentes du public. La pratique journalistique se livre par ailleurs à une véritable conquête de celui-ci. La recherche d’effet sur les lecteurs est indéniable, aussi les journalistes écrivains mettent de l’avant une identité très forte.

Nous proposons donc une analyse de deux textes journalistiques, deux « récits de Russie », soit La Russie des Soviets, écrit par Albert Londres en 1920, et Quatre mois en Russie, écrit par Jacques Bainville en 1916.

Notre réflexion tiendra compte de l’une des dimensions fondamentales de l’adéquation textuelle, c’est-à-dire la figurabilité, autrement dit la construction d’un modèle mental de l’état du monde que présente le texte. Inscrite le plus souvent dans le cadre du mouvement international de la simplification des textes (plain langage) pour des communications mieux adaptées au grand public, la question de l’intelligibilité des textes continue à se poser.

La « pertinence » de l’information écrite se mesure par la capacité du discours à susciter l’attention, désormais sollicitée de toutes parts. De là tout l’intérêt que représente le phénomène de la « littérarité » pour mettre en relief une intention de communiquer, à savoir l’intention d’« écrire pour être lu » (Labasse, 2006).

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