Léonidas Nsabimana

Léonidas Nsabimana étudie au doctorat en éducation à l’UQO. Ses intérêts de recherche sont le rapport au savoir en contexte multiculturel, les fondements et théories de l’apprentissage, et la diversité culturelle. Membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), de l’Unité de recherche éducationnelle sur la culture scientifique (URECS) et de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), il a présenté et publié des travaux au Canada, au Maroc, en Belgique et au Burundi.

 

Résumé de la communication

Le rapport au langage et son influence sur la réussite scolaire : le cas d’élèves immigrants au premier cycle du secondaire de Gatineau

 

Le Québec reçoit des milliers d’immigrants chaque année. Or, nous sommes d’avis que l’éducation est l’une des voies à privilégier pour créer des espaces communs au sein desquels participent tous les groupes culturels d’une société.

Cet espace commun est matérialisé par la Charte de la langue française qui considère le français comme langue de scolarisation pour les élèves nouvellement arrivés.

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MÉLS) du Québec promeut une éducation interculturelle en vue de favoriser le vivre ensemble dans le milieu scolaire. On sait que l’école est structurée par un certain rapport au langage qui appartient au monde occidental et à un certain milieu social, et qu’elle demeure, pour certains élèves, un monde distinct du monde familial.

Comment les élèves immigrants vivent-ils cette expérience? Comment la visée interculturelle, prônée par le MÉLS, se reflète-t-elle dans les politiques d’intégration? Comment le capital social familial joue-t-il sur la réussite scolaire de l’élève immigrant?

Notre étude, qui se situe dans le domaine de la sociologie de l’éducation, se propose d’apporter des éléments de compréhension sur l’expérience scolaire d’élèves d’origine immigrante.

Nous cherchons d’abord à décrire le rapport au langage que ces élèves entretiennent avec leur expérience scolaire et, ensuite, à examiner l’influence de ce rapport sur leur expérience scolaire. Nous voulons en outre vérifier si les enjeux culturels et linguistiques donnent lieu à des expériences scolaires différenciées selon l’origine socioculturelle, car le rapport au langage se décline différemment suivant des caractéristiques spécifiques, et suivant le savoir considéré et son mode de transmission.

Notre recherche accorde une importance au rapport au langage et à l’expérience quotidienne des élèves immigrants du premier cycle du secondaire dans la ville de Gatineau, par le truchement d’une étude multicas. Nous insisterons sur l’importance de la littératie familiale, car les compétences langagières prennent essor dans un environnement familial.

Bref, cette étude permettra, grâce aux entretiens et aux bilans de savoirs, de mettre en évidence certains éléments à prendre en considération dans l’élaboration de politiques d’intégration et d’éducation. De plus, elle permettra, une meilleure connaissance de la façon dont les élèves immigrants peuvent être mieux adaptés à la société d’accueil, ou vice versa, tout en soulignant l’ampleur des défis culturels et linguistiques à relever pour leur intégration socioscolaire.