Mélanie Rivet

Mélanie Rivet s’est spécialisée en théâtre à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université d’Ottawa, puis en traduction et en rédaction à l’UQO, où elle est actuellement candidate à la maîtrise en études langagières. Auteure, gestionnaire de projet au Centre de recherche en technologies langagières (CRTL), directrice de la diffusion aux Éditions Neige-galerie et animatrice d’une émission littéraire télévisée, elle a publié plusieurs œuvres : Être et Porteurs de sens, un enfant du monde (théâtre); Plumes vilaines et jambes de laine (conte, 2011); Larmes, cycle d’une femme-racine (poésie, 2014); Gerhardt Gott (traduction à paraître, 2015).

 

Résumé de la communication

Traduire au Québec la poésie étrangère : départager le rêve de la réalité

Le contexte de l’édition québécoise, intrinsèquement lié au contexte canadien et au bassin réduit de lecteurs de poésie, peut amener les maisons d’édition à entretenir un rapport fragile avec l’édition de poètes étrangers traduits. Si elles traduisent de la poésie, c’est souvent sous l’égide d’un programme de subvention fédéral pour la traduction d’auteurs canadiens-anglais.

Une étude descriptive de la situation pourrait contribuer au développement de stratégies, ancrées dans les données recueillies, qui soutiendraient les éditeurs québécois qui s’inscrivent dans l’enrichissement de leur littérature et créent un pont vers la diffusion des auteurs québécois ailleurs dans le monde. Dans le cadre de cette communication, nous dressons un premier constat de la présence des poètes étrangers traduits en français et publiés au Québec depuis l’an 2000.

Nous cherchons à répondre aux questions suivantes : 1) Quels poètes étrangers traduit-on? 2) Quelles tendances se dessinent en matière de langues et de cultures d’origine? 3) Quelles maisons d’édition sont les plus engagées? 4) Qui traduit les poètes étrangers? 5) Comment les maisons d’édition financent-elles leurs publications de poètes étrangers?

Afin de répondre à ces questions, nous avons étudié les bases de données spécialisées qui témoignent des publications des poètes étrangers en français par les éditeurs québécois depuis 2000; nous avons repéré les quatre maisons d’édition québécoises, sur les vingt répertoriées comme publiant de la poésie au Québec, qui ont publié des poètes étrangers traduits en français entre janvier 2000 et octobre 2014, et nous avons réalisé une étude approfondie de leurs catalogues; nous avons finalement réalisé des entrevues dirigées avec un représentant de chacune des quatre maisons d’édition du corpus.

Lors de l’analyse des données, nous avons relevé une grande diversité de pays d’origine des poètes traduits (23) dans une diversité de langues (14). La langue la plus traduite est l’espagnol, la seconde l’anglais. La provenance la plus marquée des auteurs est le Mexique, puis viennent les États-Unis et 23 autres pays. La maison d’édition la plus engagée dans la publication d’œuvres poétiques étrangères au Québec depuis l’an 2000 est Écrits des Forges. Les traducteurs littéraires sont nombreux au Québec, pour la plupart aussi auteurs, et les stratégies de financement des projets de publication sont variées.

Cette étude préliminaire sème des pistes pour d’autres études qui soutiendront la création d’un portrait plus complet de la traduction d’œuvres poétiques étrangères au Québec depuis l’an 2000.

×